28 janvier 2025 " Joëlle Palmieri et les Pénélopes " Remue Méninges Féministe Radio libertaire 89.4

 

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L'invitée du mardi 28 janvier 2025 " Joëlle Palmieri et les Pénélopes" sur Remue Méninges féministe Radio libertaire 89.4

Conversation avec Joëlle Palmieri sur "les Pénélopes", agence de presse féministe française créée en 1996, avec pour but de promouvoir et diffuser des informations sur l'actualité internationale, du point de vue des femmes

https://veill.es/www.penelopes.org/

Joëlle Palmieri est aussi autrice d’un livre et podcast sur la fibromyalgie

https://shows.acast.com/la-douleur-impensee

Site de Joëlle Palmieri  https://joellepalmieri.org

Informations militantes (lire détails en dessous)

Musiques : "Frangines" Anne Sylvestre (indicatif début), « Sisters are doing for themselves » Aretha Franklin/Annie Lennox, « Vivre Libre » Claude Michel, « Et si j'osais chanter la beauté des choses 

« Serge Utgé Royo, « Guerrières de lumière » Mathilde, « Fever » Peggy Lee, « Mary Joyce » Devil ‘s dream/Geneviève Carlier-Orvoën, « HIV Elegy to Frank » Dominas in exile Tina Kohler et Michelle. Coudriou, « Dans nos chants » Edwige et Anne des Entresorceleuses (indicatif de fin).

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L'invitée de ce mardi : Joëlle Palmieri nous parle des Pénélopes créée en 1996 et qui a cessé ses activités en 2004. Il est question de l'importance de se souvenir de l'histoire des femmes, sur la représentation des femmes dans la société dans une époque donnée, l’importance du débat , même contradictoire, ainsi que le besoin de travailler avec les jeunes femmes qui militent pour un changement de société.

Joëlle Palmieri est aussi autrice d’un livre et podcast sur la fibromyalgie : LA DOULEUR IMPENSÉE Comment parler de la fibromyalgie, comment la gérer, comment la combattre, comment faire avec, quel est son genre, quels sont les savoirs acquis par les malades ? Chacun des six épisodes de cette série documentaire aborde ces questions à travers les paroles de douze intervenant·es. Elles témoignent avec grande sincérité de la mauvaise prise en charge de cette pathologie dont la prévalence féminine est énorme.

Une déclinaison de « La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une “maladie de femmes“ », Joëlle Palmieri, M Éditeur, septembre 2021 : https://joellepalmieri.org/2021/08/23/fibromyalgie-derriere-la-porte/

Informations militantes

Une histoire de GPA, d'altruisme et d'injustice. Venez écouter le cas de Julie mardi 4 février 2025 de 18h à 20h

« Il y a quelques années, je souhaitais devenir maman mais pensais ne pas avoir les conditions nécessaires pour élever un enfant. Militante LGBTIQ+, je voulais aussi aider un couple gay à fonder une famille. J’ai ainsi passé un accord avec un couple d’hommes avec qui je concevrais et porterais un enfant, et que ce serait eux qui en auraient la garde et l’élèveraient. Il était prévu que je sois reconnue et respectée en tant que mère de l’enfant, pourrais passer du temps avec lui, l’intégrer dans ma vie et au sein de ma famille. »

Avec l'appui de l’institution judiciaire et des dispositifs de protection de l'enfance, Julie a été brutalement évincée de la vie de l'enfant qu'elle a mis au monde.

Courageusement, Julie continue à réclamer justice.

Si le consentement de la mère est toujours mis en avant pour légitimer la GPA sont laissés de côté les aspects marchands, les risques pour la santé de la mère et de l’enfant, ainsi que les nombreuses questions éthiques et de droits humains.

En France, la GPA est interdite. Les arrangements qui en relèvent sont nuls, et le consentement de la mère sans effet, si on en croit la loi. Et pourtant, lorsque des mères vulnérables et trompées par des clients sans scrupules se tournent vers la justice, celle-ci ne les protège pas, et leurs enfants non plus. Leur altruisme coûte à ces femmes d’être désenfantées.  

Le mardi 4 février 2025 de 18h à 20h

Sur inscription préalable à : abolition.gpa@gmail.com

Soit par webinaire (un lien zoom vous sera envoyé)

Soit sur place (s’inscrire avant sur le mail)  à Paris 6 ème

 

PARIS, CAPITALE D’UN EMPIRE COLONIAL. SUR LES TRACES DU COLONIALISME

un livre concocté par Pascal VAREJKA (texte) & Marinette DELANNÉ (photographies) aux Éditions du Petit Pavé

Pascal Varejka, historien, et Marinette Delanné, photographe, rappellent ici que les traces de la période coloniale abondent à Paris : statues, noms de rues, plaques commémoratives, édifices. Vous apprendrez ainsi...

      comment a été financée la construction de l'actuel palais de l'Elysée en 1720 ;

      qu'une statue inaugurée en 2022 évoque les exactions commises aux Antilles en 1802 par l'armée de Bonaparte ;

      qu'un monument imposant glorifie un homme surnommé "général maziaka" (le Cruel) à Madagascar , l'identité de l'homme qui a défendu le ciel de la capitale pendant la Première Guerre mondiale ;

      pourquoi a été construite la mosquée de Paris ;

      que la façade d'un édifice Art déco proche de la Madeleine figure les animaux de tout l'empire colonial français ;

      que Hô Chi Minh est venu trois fois ici avant une guerre tout à fait évitable ;

      que la guerre d'Algérie s'est aussi déroulée en partie à Paris...

Présentation le jeudi 30 janvier 2025 à 18 heures 30 à la librairie LE PIÉTON DE PARIS

58, rue de l’Hôtel-de-Ville, 75004

Au bagne de Nouvelle Calédonie, sur les traces de Louise Michel de Marinette Delanné, aux Editions du Petit Pavé 28€

Politique du grand débarras : la Troisième République de Thiers condamne à perpétuité les contestataires de la Commune de Paris. Près de 5000 communards sont expédiés au bagne de Nouvelle-Calédonie. Les déportés politiques, en attente - certains pendant 10 ans - d’une improbable amnistie, ont connu les châtiments les plus indignes, le désespoir et la faim.

Et Louise Michel, dans « l’enfer du bagne » ? Etonnante, comme toujours, une force de la nature, ouverte à l’inconnu, et révoltée de voir ses « frères » canaques et arabes, victimes de la colonisation pénale.

Marinette Delanné, Professeur de lettres et photographe, est partie par deux fois, appareil photo en bandoulière, en Nouvelle-Calédonie sur les traces de ce bagne méconnu en France. De ses voyages est né cet ouvrage, où elle associe à l’Histoire des communards déportés – dont Louise Michel – et des kanak, la beauté de cette île dont les paysages paradisiaques contrastent avec les souffrances ressenties à la visite des ruines des bâtiments du bagne...

 

CAGNOTTE SOLIDAIRE DU 24 JANVIER AU 24 FEVRIER

Courir le semi-marathon de Marrakech et soutenir une ONG de solidarité internationale, c’était les deux objectifs de Noélie Raison en venant au Maroc.

Pour cela, pas d’avion, mais un trip en train, bus et ferry depuis Amsterdam dans une démarche éco-responsable. En arrivant à Rabat, la jeune étudiante de 20 ans a rencontré le bureau Maroc de Quartiers du Monde pour discuter du projet de cagnotte solidaire autour d’un thé : et aujourd’hui on lance cette cagnotte !

Son but est donc de récolter des fonds pour Quartiers du Monde dans le cadre du semi-marathon de Marrakech, qu’elle courra ce dimanche 26 janvier 2025.

La cagnotte reste ouverte jusqu'au 24 février 2025, on a 1 mois pour atteindre 1500€ alors c'est parti !

Tout l’argent récolté sera reversé au bureau Maroc de Quartiers du Monde, et permettra de financer des projets locaux :

      Autonomisation socio-économique, accès aux droits et empowerment politique des femmes et des jeunes filles

      - Déconstruction des masculinités auprès des jeunes pour prévenir les violences sexistes et promouvoir des masculinités non-violentes et pro-égalitaires

      - Formation, ateliers de réflexion et développement de partenariats avec des acteurs locaux et nationaux.

Un immense merci à Noélie pour son engagement et à toutes celles et tous ceux qui relayeront également cette initiative.

Ensemble, faisons de ce semi-marathon un véritable élan de solidarité pour un avenir plus juste et sans violences !

Quartiers du Monde 2-4 Square du Nouveau Belleville, 75020 PARIS

Le sexisme ne sera jamais une blague !

Edito de la Cybertine du 23 janvier 2025

Parfois jugé comme « amusant », comme une « blague qui n’a rien de méchant » le sexisme est souvent une « habitude anodine », et pourtant… c’est le premier poison qui nourrit les inégalités et ouvre la voie aux violences dans la vie réelle comme sur le cyberespace…

9 femmes sur 10 ont déjà subi une situation sexiste. Une femme sur deux, âgée de 25 à 34 ans, a vécu une atteinte à son consentement. Et sur Internet, le cybersexisme explose : harcèlement, menaces et campagnes de haine ciblent massivement les femmes, réduisant au silence celles qui osent s’exprimer.
Le sexisme, qu’il se manifeste dans la sphère privée, l’espace public ou virtuel, normalise le masculinisme et alimente un continuum de violences. Mais ces violences ne sont pas une fatalité.

Au continuum des violences sexuelles et sexistes, engendré par les préjugés sexistes, il faut opposer une culture et un continuum de l’égalité en créant dès le plus jeune âge un environnement où le respect et l’égalité de genre sont la norme. Avec son étude sur le cybersexisme et sa malle pédagogique, le Centre Hubertine Auclert vous donne les outils pour agir !

En ce 25 janvier, Journée nationale contre le Sexisme, engageons-nous à dénoncer le sexisme sous toutes ses formes, à déconstruire les stéréotypes, sensibiliser dès le plus jeune âge et soutenir les victimes. Faisons du sexisme une relique du passé !

Ensemble, le combat continue !

Charlotte Baelde, Présidente du Centre Hubertine Auclert

"Le masculinisme gagne du terrain car le féminisme est populaire et audible", estime la sociologue Mélissa Blais

Pour la deuxième année consécutive, le Haut Conseil à l'égalité pointe, dans son baromètre annuel sur le sexisme en France, l'adhésion d'une minorité grandissante de jeunes hommes aux idées masculinistes. Pour la sociologue québécoise Mélissa Blais, ce constat est aussi une preuve que le féminisme gagne du terrain.

Mathilde Goupil

https://www.francetvinfo.fr/societe/violences-faites-aux-femmes/le-masculinisme-gagne-du-terrain-car-le-feminisme-est-populaire-et-audible-estime-la-sociologue-melissa-blais

Une tendance qui se confirme.

Pour la deuxième année consécutive, le Haut Conseil à l'égalité constate une "polarisation" croissante entre des femmes "plus féministes" et des hommes, notamment jeunes, dont une partie croissante est sensible à des discours "masculinistes", dans son baromètre annuel (document PDF) sur le sexisme, publié lundi 20 janvier.

Selon cette enquête, près de la moitié (45%) des hommes de moins de 35 ans estiment qu'il est difficile d'être un homme dans la société actuelle, contre seulement 19% à 33% des hommes plus âgés. En deux ans, l'adhésion à cette idée a augmenté de 19 points chez les 15-24 ans et de 11 points chez les 25-34 ans, note le baromètre.

Parmi les hommes de 25 à 34 ans, 13% trouvent même qu'il est difficile d'être un homme mais facile d'être une femme – contre 4% à 10% des hommes plus âgés. Les jeunes hommes expriment aussi une propension plus forte à adhérer aux stéréotypes de leur propre genre : 67% des moins de 35 ans (contre 47% des hommes en général) estiment que pour être respecté en tant qu'homme, il faut être sportif, 53% (37% des hommes) qu'il faut savoir se battre et 46% (32% des hommes) qu'il ne faut pas montrer ses émotions.

D'où vient le masculinisme ? Que révèle le regain de ce courant de pensée chez les jeunes hommes ? Comment comprendre sa coexistence avec une adhésion de plus en plus grande au féminisme chez les jeunes – y compris les hommes ? Pour le savoir, franceinfo s'est entretenu avec Mélissa Blais, sociologue spécialiste des mouvements antiféministes, professeure à l'Université du Québec en Outaouais.

Franceinfo : Qu'est-ce le masculinisme ?

Mélissa Blais : Le masculinisme est une forme d'antiféminisme qui s'appuie sur l'idée que les hommes souffrent à cause des femmes et des féministes, parce que la société serait trop féminisée et que les femmes y prendraient trop de place. C'est l'une des formes modernes de l'antiféminisme, avec le conservatisme, qu'il côtoie et avec lequel il peut y avoir des recoupements.

Là où les opposants aux suffragettes mettaient en avant la soi-disant infériorité intellectuelle des femmes, les masculinistes dénoncent une crise de la masculinité à cause des avancées féministes, et promeuvent une complémentarité entre des hommes virils et des femmes douces.

Quand est-il apparu ?

Il a commencé à se développer dans les années 1980, et s'est surtout fait connaître dans les années 2000, dans des pays où le mouvement féministe était fort et audible, comme en Australie, en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada. Une partie de la population avait alors l'impression que ses intérêts étaient brimés du fait de cette mise en avant du féminisme et des personnalités publiques qui se revendiquaient féministes. Des hommes se sont donc mis en action et organisés pour freiner le mouvement qu'ils imaginaient être à l'origine d'un retrait de leurs droits.

Le masculinisme a d'abord pris la forme d'un mouvement de pères séparés et divorcés. Ils contestaient la perception automatique des pensions alimentaires, estimaient qu'ils étaient désavantagés sur la question de la garde des enfants car les juges étaient vendus aux féministes, que les femmes dénonçaient des violences inexistantes pour obtenir la garde… Ces mouvements de pères se sont fait connaître via des tactiques visibles d'opposition aux féministes, notamment en escaladant des ponts ou des grues.

Depuis, les communautés masculinistes se sont grandement déplacées en ligne, et constituent ce qu'on appelle la "manosphère". Ces communautés disparates d'hommes en ligne portent plusieurs noms (Incels, coachs en séduction, mâles alphas, etc.), ont développé des sous-champs d'intérêt, avec parfois des visions différentes du rôle des femmes. Elles sont souvent portées par des influenceurs, comme Andrew Tate [influenceur masculiniste poursuivi pour violences sexuelles et traite d'êtres humains en Roumanie et au Royaume-Uni].

"L'antiféminisme n'est pas nouveau : à chaque période de l'histoire, il y a eu des oppositions aux luttes féministes. C'est le propre d'un contre-mouvement : il s'est adapté aux avancées du féminisme pour continuer à être audible."

Pourquoi le masculinisme semble-t-il séduire de plus en plus de jeunes hommes ?

Les influenceurs masculinistes vendent un idéal : le rêve de l'ascension sociale, de la richesse et de la réussite via la "revirilisation" des hommes. Ils disent aux jeunes :"Viens, si tu es mal dans ta peau, il suffit de devenir un vrai homme pour accéder à cet idéal". Or, la jeunesse est propice à l'anxiété, aux inquiétudes sur l'avenir. D'ailleurs, ils vendent un idéal au sens propre, puisqu'ils ont tous des produits à vendre : une formation pour apprendre à séduire ou à devenir riche, des retraites pour se retrouver entre hommes, etc.

Contrairement aux pères divorcés, qui étaient seulement dans le négatif, dans la lutte contre les femmes et les féministes, ces "coachs en séduction" proposent aussi quelque chose de positif, puisqu'ils disent aux hommes : "Il suffit de se prendre en main pour aller mieux". Il est donc plus facile pour eux de camoufler leur adhésion à l'antiféminisme.

Ce modèle va souvent de pair avec une vision très romantisée de l'idéal conservateur du modèle familial : un pavillon en banlieue, un chien, un chat, etc. Le féminisme et le militantisme LGBT+ sont perçus dans ce modèle comme des ennemis intérieurs, des menaces à la famille traditionnelle, et le migrant comme l'ennemi extérieur. Face à ça, le salut vient de la masculinité blanche. Mais attention : même si on voit que plus de jeunes hommes qu'avant votent à l'extrême droite, et qu'il existe une différence entre le vote des jeunes hommes et des jeunes femmes, tous les masculinistes ne sont pas d'extrême droite.

Le masculinisme touche-t-il d'autres populations, au-delà des jeunes hommes ?

Oui, on voit que ces idées existent au-delà des jeunes hommes, car il y a des éléments du discours masculiniste qui sont devenus mainstream. Durant les années 2000, les médias ont certainement contribué à la diffusion de ces idées, dans la manière dont ils ont donné la parole aux mouvements de pères : ils ont symétrisé la parole féministe et la parole antiféministe en disant que tout se valait. Cela a normalisé le discours antiféministe. Mais maintenant, les masculinistes n'ont même plus besoin des médias pour s'adresser au grand public : ils ont des émissions de radio, des chaînes YouTube, sont présents parmi les enseignants à l'université au Canada…

Ceci dit, je reste assez optimiste.

On parle beaucoup du regain du masculinisme chez les jeunes hommes, mais en France comme ailleurs, on constate aussi que davantage de jeunes hommes adhèrent au féminisme qu'avant, voire se revendiquent féministes. Le masculinisme gagne du terrain dans cette génération parce que le féminisme en gagne aussi, et qu'il est populaire et audible.

 

Pourquoi les taux de natalité chutent-ils ? On a demandé à une prix Nobel

par Josephine Lethbridge

Il n’y a pas si longtemps, la Finlande était citée comme un exemple de pays qui avait trouvé la solution pour augmenter son taux de fécondité. À une période où les taux de natalité chutaient dans de nombreux pays, ceux de la Finlande étaient en hausse, passant de 1,7 enfant par femme en 2000 à 1,9 en 2010. Des responsables politiques du monde entier, inquiet·es de voir leurs taux de natalité descendre trop bas sous le “seuil de remplacement” de 2,1, se rendaient en Finlande pour s’inspirer du célèbre modèle nordique.

Mais autour de 2010, tout a changé.

Le taux de natalité de la Finlande a commencé à chuter drastiquement, et en 2023, il avait atteint 1,26 – le taux le plus bas depuis le début des statistiques en 1776, en dessous de nombreux autres pays d’Europe du Nord et comparable à celui de l’Italie, de l’Espagne et du Japon, souvent qualifiés de pays à "fécondité extrêmement basse". Aujourd’hui, la France a le taux de fécondité le plus élevé d’Europe, à 1,79. Ce succès est attribué à divers facteurs, allant de l’âge de scolarisation des enfants à la part importante du PIB consacrée aux politiques favorables à la famille.

Qu’est-ce qui est arrivé à la Finlande ?

La vérité est que personne ne sait vraiment – cela a surpris les expert·es et ne peut pas être expliqué par les théories traditionnelles. Mais le pays n’est pas seul. L’Allemagne, avec 1,35 enfant par femme, a récemment rejoint les rangs des pays connaissant une “fécondité ultra-basse” : en dessous de 1,4, le seuil à partir duquel il devient particulièrement difficile d’inverser la tendance. Le taux de natalité italien, à 1,2, a été décrit comme “irréversible”. Le taux en Angleterre et au Pays de Galles est tombé à son plus bas niveau enregistré (1,44). Au Japon (1,2), un·e expert·e démographique a averti que si le taux de natalité du pays continue de baisser à ce rythme, d’ici au 5 janvier 2720, il pourrait n’y avoir qu’un seul enfant de moins de 14 ans dans tout le pays.

Le taux de natalité de la Corée du Sud, quant à lui, est le plus bas de la planète. Il est tombé à 0,72 en 2023, ce qui signifie que chaque génération fera moins de la moitié de la taille de la précédente. Au rythme actuel, chaque groupe de 100 Sud-Coréen·nes vivant aujourd’hui n’aura que 15 petits-enfants.

Il a été prédit que d’ici la fin de ce siècle, 97 % de la population mondiale aura des taux de fécondité inférieurs à 2,1, le niveau nécessaire pour maintenir les populations. Cela inquiète les commentateur·ices, qui parlent de "bombes à retardement des retraites" causées par un nombre insuffisant de jeunes pour soutenir les populations vieillissantes, et la perspective d’une “baisse brutale du niveau de vie“.

En Russie, la "propagande child-free" a été interdite. Au Japon, le gouvernement de Tokyo a mis en place la semaine de quatre jours dans le but d’augmenter la fécondité de ses employé·es. La Corée du Sud organise des événements de dating financés par l’État. La Hongrie a éliminé l’impôt sur le revenu pour les mères de moins de 30 ans. Pendant ce temps, le natalisme est devenu la dernière tendance de la Silicon Valley. Ces exemples montrent que les réponses politiques à la baisse des taux de natalité varient énormément. Et si certaines renforcent l’égalité des genres, beaucoup d’autres limitent drastiquement les droits des femmes.

La macroéconomique des bébés

Traditionnellement, la baisse du taux de natalité a été pensée en lien avec le développement économique. Au fur et à mesure que les sociétés se développent, les taux de natalité tendent à diminuer en raison de l’amélioration des soins de santé, de l’urbanisation, de l’éducation et de l’accès à la contraception. Dans le même temps, élever des enfants coûte de plus en plus cher, et l’éducation des femmes et leur participation accrue au marché du travail accentuent les compromis liés à la parentalité.

C’est pour cela que les responsables politiques se bousculaient pour aller en Finlande – des mesures féministes comme l’amélioration des services de garde d’enfants, des congés parentaux et des soins maternels étaient vues comme les solutions pour les sociétés cherchant à s’adapter aux foyers à deux revenus. Pourtant, cela n’explique généralement pas les différences importantes dans la vitesse de la baisse de la fécondité.

Un récent document de travail de l’économiste Claudia Goldin, lauréate du prix Nobel, propose une nouvelle perspective.

Claudia Goldin compare deux groupes de pays. Le premier – le Danemark, la France, l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis – regroupe des pays qui se sont développés à un rythme constant. Leurs taux de fécondité diminuent depuis les années 1970, mais relativement lentement. Les pays du deuxième groupe – la Grèce, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, le Portugal et l’Espagne – se sont développés rapidement, avec des urbanisations très rapides et une forte croissance du PIB par habitant dans les années 1960 et 1970 après une période prolongée de stagnation ou de déclin. Ces pays avaient des taux de fécondité relativement élevés jusqu’aux années 1980 ou 1990, avant de chuter brutalement pour devenir les plus bas au monde.

Selon elle, cela pourrait expliquer cette différence. “Les traditions et les croyances changent plus lentement que les économies”, écrit-elle, en notant que les pays où le progrès économique dépasse les progrès sociaux – en particulier l’égalité de genre dans la répartition des tâches domestiques – voient les baisses de fécondité les plus rapides. “Les changements économiques rapides remettent souvent en cause des croyances profondément ancrées, et ces croyances évoluent plus lentement que les technologies et les économies. Les personnes attachées aux traditions se retrouvent souvent projetées dans la modernité avec peu de temps pour que leurs croyances, traditions et normes sociales s’adaptent.”

Claudia Goldin est historienne de l’économie et ne spéculerait donc pas sur les raisons potentielles derrière la récente baisse soudaine dans des pays similaires à son premier groupe – le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Finlande. Mais ses observations sont intéressantes à considérer en ce qui concerne des pays comme la Finlande. Si, au cours des décennies précédentes, des personnes attachées aux traditions ont été projetées dans la modernité “avec peu de temps pour que leurs croyances, traditions et normes sociales s’adaptent”, alors quelle est la nouvelle réalité dans laquelle nous sommes en train d’être catapulté·es, et comment pouvons-nous nous y adapter ?

Il est clair que, même si des politiques comme les congés parentaux et les services de garde peuvent offrir du soutien, elles ne suffisent pas. La Finlande est l’un des pays les plus soutenants au monde pour les nouveaux parents, mais cela ne semble pas avoir d’impact. J’ai discuté avec deux expertes finlandaises pour en savoir plus.

“C’est quelque chose de culturel”

Julia Hellstrand est chercheuse postdoctorale à l’Université d’Helsinki et a publié plusieurs articles sur le déclin de la fécondité en Finlande depuis 2010. Elle m’a confié que cette baisse avait surpris les expert·es, car elle ne peut pas être facilement expliquée par les théories habituelles.

“La baisse a été observée dans tous les groupes de population, quelle que soit la région, le niveau d’éducation ou l’origine, ce qui suggère qu’il n’existe pas une seule cause simple derrière ce déclin. Cependant, la diminution la plus marquée concerne les premières naissances. Les sondages montrent qu’un mode de vie sans enfant devient de plus en plus courant.” Par ailleurs, les dynamiques de formation des couples semblent également jouer un rôle, explique-t-elle : “Il semble que l’engagement et le passage à l’étape suivante dans les relations soient devenus plus difficiles.”

Les facteurs économiques semblent jouer un rôle, mais les individus “semblent être devenu·es plus sensibles à leurs circonstances, plutôt que d’être confronté·es à une détérioration des conditions économiques”, explique la chercheuse.

“Alors que l’absence de partenaire et l’incertitude économique étaient auparavant les raisons les plus courantes pour retarder ou renoncer à avoir des enfants, un changement notable s’est produit. De plus en plus, l’une des principales raisons citées ces dernières années est de privilégier d’autres intérêts dans la vie.”

Anna Rotkirch, professeure de recherche à la Fédération des familles de Finlande, confirme. “Le déclin actuel est principalement dû à des changements culturels dans les aspirations de style de vie et à un manque de soutien pour les jeunes adultes, à la récession du couple, aux défis de santé mentale, et ainsi de suite”, m’a-t-elle dit.

J’ai demandé à Claudia Goldin si un pays avait déjà réussi à inverser un déclin de la natalité.

“Il n’y a vraiment qu’un seul exemple de pays qui soit revenu de taux ‘extrêmement bas’ : les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Presque tous les pays qui avaient combattu ont connu un baby-boom, mais pour la plupart, il fut très court et limité à la cohorte qui était encore fertile après la guerre. D’autres pays ont eu des mini-baby-booms. Mais le baby-boom des États-Unis, lui, s’est poursuivi.”

Cela a pu être accompli en glorifiant le mariage, la maternité, l’idée de la bonne épouse et du foyer – des idéaux qui ne sont pas compatibles avec l’égalité de genre. Plutôt que de revenir à des normes de genre dépassées, une inversion de tendance pourrait-elle être accomplie aujourd’hui en glorifiant la parentalité, en particulier la paternité, s’interroge Claudia Goldin ?

Le problème est que les efforts politiques pour inverser les taux de natalité sont notoirement peu fiables et incroyablement coûteux. Ce n’est pas surprenant quand les facteurs qui entrent en jeu semblent être largement culturels. Cependant, “nous pouvons faire beaucoup de choses”, explique Anna Rotkirch, qui a récemment été mandatée par le gouvernement finlandais pour rédiger un rapport sur les obstacles à la parentalité et les moyens de mieux soutenir les familles.

Elle a proposé une liste de 20 mesures, dont certaines visent à rehausser le prestige culturel autour de la parentalité. Ses propositions vont du simple et peu coûteux (enseigner la fertilité dans les écoles pour éviter l’infertilité non-désirée) au plus coûteux (offrir un soutien aux jeunes adultes ayant des problèmes relationnels) et à l’utopique (rembourser entièrement les dépenses liées à l’éducation des enfants).

Ce qui est clair, c’est que les pays vont devoir s’adapter à des taux de natalité faibles. La crise climatique s’intensifie, les chocs alimentaires se multiplient, les bouleversements technologiques causés par l’IA sont imminents, et les pandémies représentent un risque croissant. L’incertitude semble être une constante et, comme Claudia Goldin me l’a rappelé : “L’instabilité, la volatilité et l’incertitude sont des tueuses de relations interpersonnelles et de projets d’avenir.”

 

Source : Newsletter Impact ou  https://lesglorieuses.fr/taux-de-fecondite

 

Des femmes de 30 ans viennent se faire ligaturer les trompes” selon Catherine, sage-femme libérale dans le Doubs : les sages-femmes menacées par la baisse de la natalité ?

Les femmes françaises font moins de bébés. En 2024 en France, la natalité continue de baisser, de -2,2 %. Moins de naissances. Quel impact sur l’activité de celles qui sont en première ligne, les sages-femmes ? Nous leur avons posé la question.

1,59 enfant par femme en France en 2024, c’est le plus bas niveau dans notre pays depuis plus d'un siècle. 663.000 bébés sont nés l’an dernier dans l'hexagone. Par rapport à 2010, le déclin des naissances atteint plus de 20 %.

Dans le cabinet de cette sage-femme libérale, installée dans une ville moyenne du Doubs, ce début d’année 2025 est bien calme. “On a moins de travail, moins de cours de préparation à l’accouchement, moins de premiers bébés” explique Catherine*. “Il y a eu pas mal de naissances après le covid.  Là, peut-être que ça va repartir, on ne sait pas trop. On voit des jeunes femmes qui ne veulent pas d’enfant du tout, chose qu’on ne voyait pas, il y a 20 ou 30 ans” ajoute cette sage-femme. Écologie, travail, vie privée, certaines femmes ont d’ores et déjà fait une croix sur la maternité.

Les bébés de 2025 seront-ils en bientôt en route ?  “Je me dis que ça va passer, je ne suis pas trop inquiète, mais c’est toujours un peu stressant de se dire, est-ce que ça va repartir” confie Catherine*.

Au niveau de son activité, aujourd’hui, cette sage-femme gagne sa vie avec 50 % de grossesses, 50 % de consultations gynécologiques.

Les sages-femmes s'adaptent, les femmes aussi

Caroline Combot en a mis des enfants au monde, suivi des mamans. Dans son cabinet à Belfort, cette sage-femme libérale est confrontée, elle aussi, à la baisse de la natalité. “On la ressent dans notre activité, mais on n’est pas en perte d’activités globalement. Cela est compensé par le suivi gynécologique de prévention et les demandes d’IVG, on recentre nos activités autrement” confie Caroline Combot, présidente de l’ONSSF, (Organisation Nationale des Sages-Femmes Syndicales).

Dans son cabinet, la demande n’a jamais été aussi forte en suivi gynécologique. Le départ en retraite de gynécologues de ville y est pour beaucoup. Certains gynécologues se sont spécialisés en France dans des domaines très pointus comme la PMA et ont délaissé les suivis de grossesse au profit des sages-femmes.

Le bouche-à-oreille fonctionne aussi. Même si beaucoup de femmes l’ignorent encore. Les sages-femmes sont habilitées à effectuer frottis, prescription de pilules. Elles peuvent suivre les femmes qui n’ont pas de pathologie.

Si la natalité continue à baisser 

Moins de bébés, moins de naissances. Les sages-femmes sont-elles en danger ? Le souffle d’air apporté par la baisse de la natalité permet d’accueillir dans de meilleures conditions les femmes dans les petites maternités, estime Caroline Combot. Mais demain ? La syndicaliste redoute des coupes dans les effectifs si la natalité continuait à diminuer.

Surtout, elle souligne que ces naissances en moins doivent nous interroger. “Au niveau de la société, s’il n’y a plus de naissances, plus personne ne pourra payer les retraites. Il y aura des conséquences financières importantes.“

Elle aussi rencontre chaque semaine des femmes, des couples qui renoncent à avoir un bébé. Et pas seulement pour des raisons écologiques. 

Des jeunes, hommes ou femmes assument de ne pas avoir d’enfants. Ça ne fait pas partie de leur vie. Il y a la charge mentale qui va avec, et certains ne la veulent tout simplement pas, ils font un autre choix de vie.

Caroline Combot, sage-femme à Belfort

Dans ce CHU, on voit toujours la vie en rose et bleu

En Bourgogne-Franche-Comté, il y a moins de bébés aussi. Le taux de natalité en Bourgogne-Franche-Comté est de 8,9 pour 1000 habitants, l'un des plus faibles de France. Entre janvier et novembre 2023, la région a connu une baisse de 6,4% des naissances par rapport à la même période en 2022.

Au CHU de Besançon, plus grosse maternité de Franche-Comté, la baisse de la natalité est limitée pour l'année 2024. 2677 naissances, la baisse est légèrement perceptible.

“Cette baisse limitée s’explique notamment par le niveau de notre maternité (classée niveau 3, le plus élevé et qui peut donc prendre en charge l’ensemble des types d’accouchement, y compris les plus complexes) et également par l’excellence des équipes qui y travaillent (plus faible taux d’épisiotomie de France, plus faible taux de césarienne pour une maternité de niveau 3)” estime l’hôpital bisontin.  Le niveau de baisse de la natalité n’est pas totalement impacté sur le niveau d’activité.

La natalité finira-t-elle par remonter ces prochains mois et années ? En 2024, le nombre de naissances a atteint son niveau le plus bas depuis 1946, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.

Évolution du nombre de naissances de 2020 à 2024 au CHU de Besançon

2024                2677

2023                2740

2022                2828

2021                2815

2020                2768

Source: CHU Besançon

 

Spectables expos films…..

Mymytchell

Chanteuse-auteure-compositrice de chansons poétiques et politiques, les deux en même temps, avec une touche d'humour permanent. Voici un petit ensemble de rendez-vous pour une tournée sud ouest hivernale de début d'année.

Les 29 et 30 Janvier à la Cave Poésie (Rue du Taur) à Toulouse pour le FESTIVAL DÉTOURS DE CHANT

 le 01 Février à Verniolle (09) au Relais de Poche,

le 07 à Figeac (46),

le 08 à Simorre (32) au Bouche à Oreille..

Une petite surprise Mercredi 22 janvier en invitée du spectacle de Garance - Anthologie subjective de la chanson féministe - Au Bijou (Toulouse)

Pour la suite, la programmation me mènera cette année à Paris (02 Avril), en Belgique, à Orléans, Tours, peut-être Marseille, et qui sait Strasbourg. Et puis d'autres chantiers qui feront l'objet de la lettre de février. Mais chaque chose en son temps, tout vient à point à qui n'attend plus.

Pour une bien chère année d'esprits enflammés et repris de justice,

Cylsée

Inspirée de musiques traditionnelles, en particulier de régions méridionales d'Europe, Cylsée, chanteuse à la voix vibrante et sensible a développé un répertoire de compositions originales faisant la part belle à la poésie occitane. Elle chante aussi ses propres textes en plusieurs langues et est accompagnée par d'excellents musiciens riches de leur héritage, des Balkans à la Tunisie en passant par la Provence. Leur univers onirique et d'une grande subtilité musicale vous emportera au delà des frontières et du temps.

Cylsée (chant, composition, violon alto, guitare) / Miquèu Montanaro  (flûtes) / Rachid Belgacem (percussions) / Goran Juresic (bouzouki, guitare chœurs) / Marine Danet (chœurs, basse)

    Le jeudi 30 janvier, 20h au THÉÂTRE ALEPH d'Ivry sur Seine : 30 rue Christophe Colomb, 94200 Ivry sur Seine. Accessible au métro L 7 Pierre et Marie Curie / RER C Ivry (accès). Réservation ici

    Le samedi 1er février, 20h45 à L'espace culturelle Robert Doisneau de Meudon : 16 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny 92360 Meudon. Accessible par le bus 289 depuis la gare du RER C Meudon Val Fleury / T6 Meudon la forêt

 

 

 

 

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